La sortie de leur premier album en mai dernier est l’occasion de parler en cette fin d’année 2014 d’un groupe encore méconnu et pourtant talentueux  : Bastard Mountain. Chaperonnés par le label indé d’Edimbourg Song, by Toad, Pete Harvey, Neil Pennycook, Jill O’Sullivan, Rob St. John, Rory Sutherland et Reuben Taylor se sont tous retrouvés autour de ce projet singulier.

 

En octobre 2012, Jill, Neil et Rob décident d’enregistrer des chansons, ils en composent trois chacun. Lors de la composition, ils réalisent la nécessité d’une intervention extérieure (ou de plusieurs) pour les voix. Pete, Rory et Reuben entrent alors dans la danse. Il ne leur aura fallu qu’une semaine pour écrire et enregistrer ce qui deviendra progressivement Farewell, Bastard Mountain.

L’album s’ouvre sur la chanson Meadow Ghosts, fantomatique. Les violons ont cette capacité merveilleuse de parler d’eux-mêmes. Leur son est similaire à une voix dont les intonations seraient parfaites. Ils sont les grands manipulateurs de notre ascenseur émotionnel intérieur, appuyant souvent sur tous les boutons à la fois. À cela s’ajoute la voix bouleversante de Jill O’Sullivan qui, en venant s’harmoniser aux violons, crée cette supplique contemplative et mélancolique.

Pourtant, plus l’album se déroule et plus les sons deviennent légers – bien que l’on ait toujours le sentiment de respirer l’air frais, fleuri et humide des lacs écossais un matin de printemps. La guitare folk du deuxième morceau, Drone Armatrading, suffit à alléger de quelques kilos cette introduction douloureuse, toute accablée de tristesse puisse-t-elle être. La technique d’enregistrement à moitié réalisée sur les bases bancales de l’improvisation y est très certainement pour beaucoup dans ce rendu paradoxal, d’une pesanteur légère.

Le groupe indique que cette approche musicale, celle de l’inattendu, n’est pas une première pour eux. Leurs différents projets personnels (Animal Magic Tricks, King Creosote et Meursault) s’étaient déjà retrouvés autour d’un LP intitulé Cold Seeds et sorti en 2010. Et grâce à cela, l’auditeur est capable de sentir la véritable harmonie qui se dégage de Farewell, Bastard Mountain. Les six membres du groupes forment un tout :

Pour moi, la différence majeure avec Cold Seeds est que cet album ressemblait à un simple projet d’enregistrement. À aucun moment, ce n’était un groupe live, tandis qu’ici (avec Farewell, Bastard Mountain, ndlr) – alors que l’on ne jouera certainement pas beaucoup l’album en concert –, cela ressemblait à un groupe, explique Neil Pennycook à WOW247.

Il y a des rencontres en musique que l’on n’oublie pas, et Bastard Mountain en fait partie. Pour participer à la floraison toujours constante de ce groupe indépendant, n’hésitez pas à vous procurer leur superbe vinyle, ou simplement à acheter la version digitale de l’album sur le site du label (vous aurez même droit à une jolie carte postale avec). Le printemps arrivera plus vite que prévu, c’est une certitude. 

 


Bastard Mountain

Farewell, Bastard Mountain

Date de sortie : 05/05/2014
Label : Song, by Toad

SbTR-A-030 Outer Sleeve EX01 – Meadow Ghosts
02 – Drone Armatrading
03 – The Mill
04 – Swam Like Sharks
05 – Something On Your Mind
06 – Pissing On Bonfires
07 – Old Habits
08 – Palisade
09 – My Crime
10 – New Boy