Le cabinet du docteur Caligari (1920) est un film expressionniste allemand réalisé par Robert Wiene. Ce long-métrage met en scène le docteur Caligari et sa créature Cesare. Alors que ce dernier a la capacité de prédire l’avenir, il annonce la mort à un jeune homme qui le consulte lors d’une fête foraine. Le lendemain, l’étudiant est mystérieusement retrouvé assassiné. Le personnage de Cesare est interprété par l’acteur Conrad Veidt, figure même de l’expressionnisme allemand. Il marquera l’histoire du septième art avec ce rôle, mais aussi pour avoir joué dans le premier film militant homosexuel, Different from Others (1919).

 

Le film a entraîné l’utilisation du terme « caligarisme » pour désigner les films à l’esthétisme expressionniste. On intègre généralement dans cette catégorie deux autres films de Robert Wiene, Genuine et Raskolnikov. Le cabinet du docteur Caligari est l’objet de nombreuses controverses, notamment pour déterminer à qui l’on doit ce chef-d’oeuvre. Tous ne veulent pas en effet attribuer la qualité artistique du film à son réalisateur, Robert Wiene. La politique des auteurs n’a qu’à bien se tenir. Ainsi, selon l’historienne du cinéma Lotte Esner, ce serait les trois décorateurs du film, Hermann Warm, Walter Reimann et Walter Röhrig, qui auraient permis la réussite de ce film.  En revanche, le critique Siegfried Kracaeur estime dans son livre De Caligari à Hitler : une histoire psychologique du cinéma allemand que l’on doit attribuer le mérite du film à son scénariste, Carl Mayer, qui réussit à créer un personnage manipulateur et annonciateur de Hitler.

Le critique André Bazin, fervent défenseur d’un certain réalisme cinématographique, ne cachait pas son mépris profond pour le caligarisme, lui reprochant de ne pas être assez populaire et ainsi de ne pas s’adresser au plus grand nombre. Il considérait le film comme appartenant au domaine de l’art plastique, affirmant qu’il allait jusqu’à détourner le cinéma de sa vraie fonction. Eisenstein ne mâchait également pas ses mots en qualifiant le film d’« auto-destruction orgiaque et barbare ». Exception faite cependant d’Henri Langlois qui voyait en Robert Wiene le prolongement de Méliès et dont il disait être le précurseur du mouvement expressionniste.

 

Le film est tombé dans le domaine public, pour le télécharger cliquez ici.

 

  • Réalisateur : Robert Wiene
  • Scénario : Carl Mayer et Hans Janowitz
  • Casting : Werner Krauss, Conrad Veidt, Lil Dagover, Friedrich Feher, Hans Heinrich von Twardowski
  • Directeur de la photographie : Willy Hameister
  • Décors : Hermann Warm, Walter Reimann, Walter Röhrig
  • Musique : Giuseppe Becce
  • Pays d’origine : Allemagne
  • Durée : 72 min