Quand les mots nous manquent pour décrire nos sentiments, la musique douce-amère des textes d’André Breton est toujours là pour nous sauver.

 

« Il peut y avoir de ces fausses annonciations, de ces grâces d’un jour, véritables casse-cou de l’âme, abîme, abîme où s’est rejeté l’oiseau splendidement triste de la divination. »

 

Il est le seul à m’avoir parlé d’amour.
Passionné, déchirant, beau comme une lueur d’espoir. André Breton est le seul à m’avoir dit la violence de ce sentiment, et malgré ses nombreux avertissements, j’ai continué à faire courir cœur et plume sur les pages jaunissantes de mon existence. Comme il l’écrit dans L’amour fou, « il s’agissait de pouvoir recommencer à aimer, non plus seulement de continuer à vivre. » Nous ne sommes pas dupes, derrière les lettres du mot « amour » se cache quelque chose de plus grand et plus profond que ce que l’on nous vend dans ces librairies en pleine agonie. L’amour c’est l’union, belle de compromis, tristement mélancolique, mère de toutes les grâces. Que les êtres miséricordieux puissent avoir pitié de nos âmes en peine et de nos têtes trop pleines de cette douleur brûlante.

« Dans la mesure même où nous avions été amenés à désespérer passagèrement l’un de l’autre, nous ne pouvions avoir été en proie qu’au délire. » — L’Amour fou, André Breton, 1937

Délirons tous ensemble, les amis. C’est maintenant ou jamais.

 

  •  amour, nom masculin
    Sens 1 Sentiment déchirant unissant des êtres profondément seuls. De la mélancolie de Matt Elliott à la violence de Converge, musicalement, c’est la traversée des Enfers.
    Sens 2 Ode puissante aux humeurs de nos âmes, comme un Sibelius en D mineur.
    Sens 3 Union aussi fragile qu’un air brisé de Helen Money.

Annabelle Gasquez

 


Pour ceux qui préfèrent Spotify, c’est par là.


Image de Une © Dessin de Nadja par André Breton

La citation présentée plus haut est d’André Breton dans Nadja (1928, corrigé en 1962).