Suite aux récents événements, nous avons ressenti le besoin de faire une pause. Aujourd’hui, nous reprenons les publications, en commençant par un édito qui rend hommage à la culture. Une façon pour notre rédaction d’essayer de relever la tête. 

 

Nous reprendrons les publications. Parce que malgré notre état hébété, la fatigue et le sentiment d’impuissance qui nous habitent depuis vendredi soir, il apparaît urgent de remettre la culture en première ligne. Il faudra redoubler d’efforts pour partager nos lectures et nos découvertes, formuler nos pensées, nos idées. Intensifier notre engagement, notre militantisme. Nous avons la conviction que la connaissance, l’éducation, les arts, la littérature et la musique sont une forme de résistance. Souvent celle que l’on essaye d’anéantir au nom d’idéaux foireux. Cette résistance nous semble aujourd’hui plus importante que jamais. Elle constitue une partie de notre révolte. Aujourd’hui, la résilience doit nous porter plus loin que le plaisir de siroter un verre en terrasse, même si, nous le reconnaissons, cette activité reste l’une de nos favorites.

Cet éditorial est un message commun, une volonté collective à notre petit niveau de vous dire que l’on sait. Nous savons que chaque matin est plus difficile que le précédent, que les réveils sont différents depuis quelques jours, plus pénibles à accepter. Nous savons votre peine, car nous vivons la même. Nous savons la peur, car elle s’est aussi glissée sous notre peau, sans prévenir. Notre webzine, à son humble niveau, représente une génération, diverse, une partie de la jeunesse française de 2015, elle-même ciblée au cours de ces attentats. Une génération qui, bien loin de l’unité fantasmée qu’on lui attribue en ces jours, est faite de voix multiples que nous continuerons à essayer de faire coexister, quoi qu’il advienne. Depuis plusieurs années, un fossé s’est creusé entre différentes réalités souvent niées par les médias de masse. En associant le terme générique « alternative » à la culture,  notre revue cherche à élargir – à notre petite échelle – ce prisme d’analyse de l’actualité, de la politique, des causes sociales et surtout de l’art.

Les drames mènent à une émotion si intense qu’elle obscurcit parfois la raison. La douleur de chacun est palpable, inévitable. Pourtant, il nous faut continuer d’être curieux, critiques, et toujours plus à l’écoute de l’autre ; l’ouverture d’esprit demeure essentielle, fondamentale. Malgré le sentiment d’inexplicable et d’absurde, il faudra analyser, douter de la suite, des décisions prises à notre place, de ce qu’il conviendra de faire et promouvoir, de soutenir et appuyer : ici réside le plus grand défi. La peur est éminemment compréhensible. La douleur, le deuil, la colère et la tristesse le sont de même. Mais ces sentiments ne doivent pas coexister seuls. Ils  doivent être accompagnés de tout ce que l’intellect et la compassion peuvent avoir de meilleur, de notre amour et de notre humanité. Afin que tous les messages progressistes puissent continuer d’être entendus. Dans un climat anxiogène où la réponse autoritaire domine, nous devons avancer, réfléchir, sans céder à la haine. C’est pour défendre ces idées – avec votre aide précieuse – que nous écrirons, encore et toujours.

La Rédaction

 


Il nous paraît aujourd’hui important, voire indispensable, de vous suggérer quelques liens, de spécialistes, d’analystes, de journalistes et des témoignages pour tenter de comprendre, de réfléchir sur ce qu’il se passe, sans se faire aspirer par le tube cathodique expert du lavage de cerveau et des grandes paranoïas. Faire le tri de l’information, construire nos raisonnements, reste une priorité.

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Image de unePhoto Denis Allard. REA pour Libération ©