Pénis, kékette, zézette, zizi… Qui n’a pas un jour dessiné sur sa feuille ou celle de son voisin deux petites boules poilues surmontées d’un gland ? On sait tous dessiner des bites, mais une vulve ? Ce n’est pas plus compliqué, et pourtant la fouffe ne fait pas fureur chez les artistes en herbe. Du moins, pas encore. Popularisée par le mouvement militant Vagina Guerilla, la chatte s’exhibe et se met à poil, enfin. 

 

Vagina Guerilla, c’est le projet un peu farfelu (depuis combien de temps n’aviez-vous pas entendu ce mot, honnêtement ?) mené par quelques personnes assez engagées dans la cause féministe. Ainsi, on a décidé de s’adresser à toutes plutôt qu’à une seule. Deux filles, deux mecs, un groupe de potes.

Afin de fêter dignement leur première année d’existence, nous sommes allées prendre un café avec la Vagina Guerilla, représentante officielle – et complètement fictionnelle du collectif. Née autour d’un comptoir de bar, cette idée de tapisser les villes et leurs rues de vulves s’est présentée à ces ami-e-s de toujours comme une évidence. À toutes les critiques faciles, les créatrices et créateurs du projet répondent :

La mission unique de Vagina Guerilla est simple, faire exister et diffuser un symbole qui représente toutes les vulves dans leur infinie diversité. Que tu sois né-e avec une vulve ou pas tu peux brandir l’étendard, sans exclusion de couleur, de genre, de forme, d’usage. Oui, cette démarche peut être qualifiée de féministe et on est ravi-e-s qu’elle provoque la réflexion. Mais elle s’inscrit dans un champ d’action limité et n’a pas vocation à porter un mouvement plus large. C’est une petite initiative, et en tant que telle, imparfaite, et perfectible. Et oui, nous sommes convaincu-e-s qu’il y a plein d’autres combats à mener !

Une interview décalée, illustrée par Marie-Ange, dessinatrice de talent qui a pris ses quartiers au sein du webzine depuis quelques semaines (et qui a eu beaucoup de plaisir à réaliser des gifs de vulves, on dit ça, on dit rien).

 

Le féminisme, c’est quoi pour toi ?


Vagina Guerilla : 
Le féminisme, c’est beaucoup de choses, mais mon féminisme, il commence par une campagne de diffusion massive du symbole de la vulve. Pour que la vulve et le pénis soient égaux jusque dans leur représentation.

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Quelle fut ta rencontre avec le féminisme ?

Quand j’ai croisé Megumi Igarashi, une artiste plasticienne japonaise, sur son Vagina-kayak : une embarcation réalisée à partir d’un moulage de son propre vagin. Elle aussi travaille à casser le tabou autour de la vulve.

 

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Quelles sont tes actions au quotidien pour lutter contre les inégalités ?

Montrer, assumer, diffuser des vulves pour inonder l’espace public, des chiottes de bars jusqu’aux murs Facebook ! Je dessine des vulves, je colle des stickers, je m’affiche sur des teuch-bags et j’espère ainsi faire naître une discussion sur le féminisme et la portée des représentations.

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Quel est le livre indispensable que tu prendrais avec toi sur une île déserte ?

Un livre de coloriage de vulves, car leur diversité m’occupera une bonne éternité.

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Être une vulve au XXIe siècle, c’est comment ?

Aujourd’hui, pour la Vagina Guerilla, être une vulve c’est incarner un symbole. C’est assumer ses traits, ses formes, ses couleurs, c’est pouvoir être dessinée partout, par tout le monde, de plein de façon possible, sans complexes et dans la bonne humeur !VGnew1

 


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