Pour la playlist littéraire de la semaine, on se replonge dans la littérature réconfortante de Charlotte Brontë, et plus particulièrement dans son roman Shirley, publié pour la première fois en 1849. À la lecture de l’extrait que nous avons choisi, nous ne pouvons que rester médusé-e-s face à l’écho des mots de l’autrice encore aujourd’hui, en 2017. D’autres voix féminines bien distinctes viennent accompagner son texte, puissantes, consolatrices et apaisantes.

 

« If men could see us as we really are, they would be a little amazed; but the cleverest, the acutest men are often under an illusion about women: they do not read them in a true light; they misapprehend them, both for good and evil: their good woman is a queer thing, half doll, half angel; their bad woman almost always a fiend. Then to hear them fall into extasies with each other’s creations, worshipping the heroine of such a poem–novel–drama, thinking it fine–divine! Fine and divine it may be, but often quite artificial– false as the rose in my best bonnet there. If I spoke all I think on this point; if I gave my real opinion of some first-rate female characters in first-rate works, where should I be? Dead under a cairn of avenging stones in half an hour. »

Shirley, écrit par Charlotte Brontë, Oxford University Press, 2007, p. 296.

 

« Si les hommes pouvaient nous voir telles que nous sommes réellement, ils en seraient vraiment étonnés ; mais les plus remarquables, les plus sensés se font souvent illusion sur les femmes : ils ne les comprennent ni pour le bien ni pour le mal. Ce qu’ils appellent une femme vraiment bonne est un être fantastique, moitié ange et moitié poupée ; leur « méchante femme » est presque toujours un démon. Il faut les entendre s’extasier sur les créations de l’un d’entre eux ! Ils portent aux nues l’héroïne de tel poème, roman ou drame et la trouvent superbe, divine ! Elle est peut-être superbe et divine… mais combien artificielle ! Souvent, elle n’est pas plus vraie que la rose qui orne mon chapeau ! Si je disais tout ce que je pense sur ce sujet, si je livrais ma véritable opinion sur certains portraits de femmes décrites en telle ou telle œuvre littéraire de premier ordre, que m’arriverait-il ? En une demi-heure, je serais morte, écrasée sous le poids des pierres vengeresses ! »
Shirley, écrit par Charlotte Brontë, traduction de Joseph Vilar, Archipoche, 2014.

 


Tracklist :

  1. Angel Olsen — Special
  2. St. Vincent — Los Ageless
  3. King Woman — Hierophant
  4. Emma Ruth Rundle — Marked For Death
  5. Oathbreaker — Immortals
  6. Zola Jesus — Exhumed
  7. Chelsea Wolfe — 16 Psyche
  8. Björk — The Gate
  9. Cold Cave — Glory
  10. Courtney Barnett et Kurt Vile— Continental Breakfast
  11. Ibeyi — No Man Is Big Enough For My Arms

 


Pour celles et ceux qui préfèrent Spotify, c’est par là.
 


Image de une : Fig. 6, 1914, collection privée. © Vanessa Bell