Le travail de la photographe Aglaé Bory résonne plus que jamais avec l’actualité. Dans cette interview, elle nous présente ses photos réalisées dans le cadre de l’exposition-vente « Refuge(s) », organisée afin de récolter des fonds pour l’association L’Auberge des migrants. Avec deux autres photographes, Aglaé Bory s’est rendue dans la jungle de Calais en 2016 pour témoigner de la situation, et montrer les visages qui se cachent derrière les chiffres.

 

L’art peut évidemment être un moyen de sensibiliser à des causes humanitaires. La série de photographies Les Invisibles a cet objectif. Aglaé Bory a répondu à l’appel de l’association Derrière les œuvres, mettant ainsi son art au service d’un geste humanitaire et caritatif, mais surtout de sensibilisation. Avec les deux autres membres du projet France(s) territoire liquide, elle a proposé un autre regard sur une réalité qui nous est familière, souvent délaissée par des médias en quête permanente d’actualités chaudes. Mais les réfugié-e-s continuent d’exister lorsque les gros titres passent à autre chose. Un an après le démantèlement de la jungle de Calais, la situation était catastrophique, et le travail des bénévoles sur place rendu quasi impossible par les forces de l’ordre.

Aglaé Bory a étudié l’histoire de l’art à l’université d’Aix-en-Provence, puis est rentrée à l’École nationale supérieure de la photographie, à Arles. Aujourd’hui installée à Paris, elle travaille à la fois sur des projets personnels − notamment autour de la maternité avec « Corrélations » −, pour la presse et des agences de communication. Régulièrement installés dans des festivals ou des expositions, ses travaux photographiques placent l’humain au cœur de l’image. En 2014, sa série « Au loin nos paysages » a été publiée dans l’ouvrage France(s) territoire liquide, WAF (We are French), au Seuil. Elle y explique :

Mon écriture photographique se situe entre document et fiction. Je procède d’une façon que l’on peut comparer à celle d’un écrivain, j’écris grâce à la lumière et à l’appareil photographique des histoires qui contiennent des idées, des sentiments, qui me sont nécessaires de mettre en images.

Dans cette interview vidéo, Aglaé Bory nous parle de sa démarche artistique, de sa série Les Invisibles, de sa rencontre singulière avec Magdi, un réfugié avec qui elle est encore aujourd’hui en contact, de l’importance du temps long que diffusent les images, et de la force qui peut résider dans la contemplation.

Magdi, « La Plage », Les Invisibles, 2016. © Aglaé Bory

Pour retrouver toute l’actualité d’Aglaé Bory, consulte son site officiel.

 

Pour voir son travail :

Les Invisibles, du 13 au 22 décembre 2017

  • Entrée libre

Au 61 (3 rue de l’Oise, 75019 Paris), du lundi au samedi, de 12 heures à 2 heures, et le dimanche, de 9 heures à 2 heures.

Au loin nos paysages, jusqu’au 4 février 2018

  • Tarif plein : 11 €
  • Tarif réduit : 9 €
  • Gratuit avec le pass lecture/culture

Dans le cadre de l’exposition « Paysages français, une aventure photographique (1984-2017) », à la BnF (Quai François Mauriac, 75706 Paris), du mardi au samedi, de 10 heures à 19 heures, et le dimanche, de 13 heures à 19 heures.

 


Cette interview a été réalisée dans le cadre du concours photo « Femmes citoyennes ». Aglaé Bory est représentée par Delphine Charon et Label Expositions.


Pour faire un don à L’Auberge des migrants, c’est par ici !