Les coups de cœur de Think tank by 2P

  • [Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après : pour beaucoup, la crise que nous vivons actuellement est révélatrice des dysfonctionnements du système néolibéral, que ce soit sur le plan sanitaire, écologique ou social. Suite à la publication de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », 16 associations ont créé une pétition citoyenne pour réclamer à nos gouvernements un changement de modèle sociétal : « Il ne s’agit pas ensuite de relancer une économie profondément insoutenable écologiquement et socialement ! Nous demandons que s’engagent sans plus attendre des politiques publiques de long terme pour ne plus jamais revivre ça », soulignent les signataires. [Attac France]
  • Pitié, arrêtez avec vos mèmes grossophobes sur le confinement : depuis le début du confinement, les mèmes grossophobes se multiplient. L’autrice de cette tribune connaît personnellement la violence de cette discrimination. Dans ce texte, elle exprime sa colère contre une pratique qui véhicule des messages aussi inacceptables que destructeurs. Se cacher derrière l’argument de l’humour n’est absolument pas valable : « Sachez que je rirai peut-être à ces blagues le jour où ces préjugés sur nos vies n’auront plus d’impact sur nos réalités. En 2020, on est toujours discriminé·es à l’embauche parce qu’on nous pense fainéant·es, on est toujours mal soigné·es parce que les cabinets ne sont pas adaptés et équipés pour nos corps ou que notre gras est pointé du doigt comme l’origine de tous nos maux, on est toujours exclu·es des lieux culturels et des transports parce qu’on ne rentre pas dans les sièges. Et apparemment, c’est toujours ok de moquer nos corps. » [VICE]
  • Fermeture des marchés : les paysans lancent une carte des alternatives : depuis le lundi 23 mars 2020, les marchés en plein air sont presque tous interdits. Néanmoins, des solutions existent pour continuer à se fournir auprès de petit-e-s producteurs-rices et soutenir leur activité, laquelle risque d’énormément souffrir en raison du confinement. Cette carte interactive recense les différentes initiatives mises en place sur le territoire français. [Reporterre]
  • Travailleurs du sexe : « Cette période de confinement nous plonge dans la précarité » : en cette période de confinement, l’activité des travailleurs-ses du sexe est particulièrement perturbée. Elles et ils ne peuvent plus prendre de client-e-s et aucune des aides mises en place par l’État ne leur est destinée. Ces personnes se retrouvent donc sans revenus. Amar, secrétaire générale du Syndicat du travail sexuel (Strass), explique dans cet entretien le fonctionnement de la cagnotte Leetchi qu’elle a mise en place pour subvenir aux besoins des travailleurs-ses du sexe les plus précaires. Pour participer à la cagnotte, c’est ici. [NEON]
  • Journaux de confinement, la lutte des classes : dans les médias français, depuis le début de la quarantaine, l’on a pu voir fleurir des « journaux de confinement », dont certains content le quotidien d’artistes et d’écrivain-e-s. Dans cet article, la journaliste Mathilde Serrell dénonce une certaine romantisation « de la claustra et du temps de pause créatif [qui] est venu percuter un réel beaucoup moins doux. » En somme, elle explore le décalage flagrant entre le quotidien privilégié d’une classe bourgeoise et celui que le reste d’entre nous expérimente actuellement. Nous qui n’avons pas l’option de respirer l’odeur des fleurs du jardin ou de contempler un lever de soleil sur les montagnes en face de notre résidence secondaire. Ces écrits invisibilisent l’expérience d’une majorité silencieuse, celle de toutes les personnes pauvres et précaires, celles qui vivent dans des logements étroits, ou encore celles qui sont obligées de continuer à travailler, bien souvent dans des conditions dangereuses pour leur santé. [France Culture]

 

Dans la bibliothèque et les oreilles de Deuxième Page

  • Passion podcasts, l’émission à écouter cette semaine : la créatrice du podcast « Merci maman, Merci papa » donne la parole à des parents arrivés en France entre les années 1960 et 1980. Afin d’aborder la question de l’immigration en France, au-delà du sensationnalisme des médias les plus connus, des personnes racontent leur vécu en toute simplicité, afin de dire et montrer ce qu’être immigré-e signifie réellement, et de témoigner de la pluralité des expériences de chacun-e. Les intervenant-e-s de ce podcast livrent ainsi leur vision du monde, ce qu’a impliqué pour elles et eux de quitter leur terre natale et les philosophies de vie qui leur ont permis de s’adapter malgré un accueil plutôt froid dans une grande partie des cas. Suivre ce podcast, c’est écouter la résilience, la patience et l’abnégation. C’est en apprendre davantage sur des pays dont on parle trop peu et entrevoir des cultures de l’intérieur. Et surtout, c’est découvrir des formes de courage et d’altruisme que des violences institutionnelles, étatiques ou climatiques rendent souvent nécessaires pour survivre et exister librement.

  • RévâsSéries, la vie de la rédac depuis son canapé : Jane the Virgin, c’est une déclaration d’amour aux telenovelas en cinq saisons, toutes plus réussies les unes que les autres. Viens donc faire la connaissance de la famille Villanueva, d’abord composée de trois femmes (indépendantes et soudées), qui s’élargit au fil des épisodes pour accueillir des coparents, des sœurs de cœur, des amant-e-s et des bébés. Chaque personnage, chaque relation est l’occasion d’aborder des thèmes multiples et importants, qu’il s’agisse de religion ou d’immigration, de déboires artistiques ou de maladie. Si Jane the Virgin est une histoire de familles – dans tout ce qu’elles peuvent recouvrir de joies et de déceptions –, c’est aussi une histoire d’amours contrariées ou épanouies, de manipulations, de rebondissements improbables et de réconciliations. Les aventures de Jane débutent lorsqu’elle apprend qu’elle est enceinte après avoir été inséminée par erreur. Elle est alors vierge, sur le point de se fiancer et loin de se douter des surprises que la vie lui réserve, que nous allons vivre intensément avec elle. La série est menée d’une main de maître par la voix off du narrateur, pleine d’humour et de tendresse, à l’image du récit qu’il nous présente. L’esthétique n’est pas en reste, chaque épisode recelant de réalisme magique et d’extravagances bienvenues. On ne peut que succomber au charme irrésistible de Jane the Virgin qui, avec une apparente légèreté, dépeint une réalité et des sentiments qui sont les nôtres.

Jane the Virgin, développée par Jennie Snyder Urman, 2014-2019. © The CW

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Image de une : Femme à la fenêtre, Caspar David Friedrich, 1822.