Les coups de cœur de Think tank by 2P

  • Les 26 meilleures pancartes de l’édition 2018 de la marche des fiertés LGBT de Paris : « Sous les paillettes, la rage. » [Buzzfeed France]
  • Modèle social. La Macronie veut supprimer la Sécu de la Constitution : « Comme si de rien n’était, la commission des Lois a profité du chantier de la réforme constitutionnelle pour faire disparaître l’un des piliers de notre République et de notre modèle social de la loi fondamentale. L’amendement 694 en question a été adopté en catimini, dans la nuit de jeudi à vendredi. Défendu par le député Olivier Véran (LREM), il s’attaque au moindre article, phrase et alinéa de la Constitution faisant référence à la Sécurité sociale, pour remplacer le mot “sécurité” par le mot “protection”. » [L’Humanité]
  • Pourquoi des cortèges radicaux ont piraté la Marche des fiertés de Paris : « C’est un jour où on porte nous-même notre visibilité, nos droits et surtout la complexité et la multiplicité de nos identités. » [Komitid]
  • The Rise of Bullshit Jobs : une interview avec David Graeber, auteur du livre Bullshit Jobs. Il explique comment la société capitaliste a fini par créer des emplois parfaitement inutiles. Les personnes qui les exercent ont conscience de cette inutilité, mais sont forcées de prétendre qu’il n’en est rien. « Secrètement, elles pensent que si ce travail n’existait pas, cela ne ferait aucune différence ou qu’en réalité le monde se porterait un peu mieux. » [Jacobin Mag] [ENG]
  • Jocelyn Lee’s Painterly Portraits of Nudes Immersed in Nature : aujourd’hui, on explore les lieux capturés par la photographe Jocelyn Lee. On y découvre une flore riche, colorée et quelques corps nus s’offrant à nos yeux. Comment ne pas être subjugué-e par tant de grâce et de beauté ? Pour découvrir le site officiel de Jocelyn Lee, c’est ici. [The New Yorker] [ENG]
July-burn, 2016. © Jocelyn Lee

July-burn, 2016. © Jocelyn Lee

Dark Matter. © Jocelyn Lee

Quits a Pond. © Jocelyn Lee

Quits a Pond. © Jocelyn Lee

Milk and Sap. © Jocelyn Lee

Dark Matter. © Jocelyn Lee

 

Sur l’écran de la rédac de Deuxième Page

  • Coup de film, le spectacle de la semaine : beaucoup en ont parlé, mais nous avons malheureusement tardé à le regarder. Nanette, le dernier spectacle de la comédienne Hannah Gadsby est une perle précieuse. Une anomalie dans le paysage culturel. Un moment de grâce et d’intelligence, de complexité et d’amertume, de douleur et de joie. C’est le cri de révolte militante qui manquait à nos existences. Alors, ne fais pas la même erreur que nous, et n’attends plus. Le tour de force opéré dans ce onewomanshow est incroyable, et il restera longtemps avec toi après l’avoir vu. Hannah Gadsby y questionne l’utilité même de l’humour, sa dimension politique, notre manière de raconter des histoires. Elle interroge son propre rôle à l’ère où le monde semble marcher sur la tête, elle qui est lesbienne, humoriste, militante et à la marge des normes de nos sociétés occidentales. Dans Nanette, la colère se fait canevas, une toile que l’artiste peint avec une maestria incroyable ponctuée par des coups de violence. Elle étale les moments de tension qu’elle désamorce avec sa nonchalance apparente, elle trace les contours de ses états d’âme et dessine sa vie devant nos yeux pour nous parler de la notre. Quelle incroyable œuvre, quelle fabuleuse conteuse, quel beau moment. Hannah Gadsby, la magnifique. Si tu ne sais pas quoi faire ce soir, direction Netflix illico presto. (Bonus : le meilleur cours d’histoire de l’art auquel tu pourras assister.)

  • RévâsSéries, la vie de la rédac depuis son canapé : on déplore souvent le manque d’originalité de certaines œuvres destinées au jeune public, ou leur contenu simpliste. Pourtant, ces dernières années, nous avons pu voir des dessins animés incroyablement intelligents, s’adressant aux petit-e-s comme aux grand-e-s. Il y a bien sûr Adventure Time (LSP forever), créée en 2010, mais l’on mentionne moins souvent Steven Universe, dont la diffusion a commencé en 2013. Avec son format court de 10 minutes par épisode et son univers incroyablement complexe et riche, le dessin animé nous emporte immédiatement. On y suit les aventures du jeune Steven, un garçon très enthousiaste élevé par trois entités extraterrestres, les Gemmes de Cristal – Grenat, Améthyste et Perle. Steven est à moitié humain et à moitié gemme, une part de lui-même qu’il doit apprendre à maîtriser malgré les difficultés. Il y a une véritable continuité dans l’histoire et dans l’évolution des personnages, la série oscillant entre épisodes complètement hallucinés et moments de grâce d’une profondeur peu commune. Les thématiques abordées dans Steven Universe sont nombreuses et nous rappellent que faire confiance à l’intelligence des enfants est essentiel dans la recette des meilleures créations culturelles qui leur sont destinées. La première saison est disponible sur Netflix et devrait suffire à emplir ton cœur de paillettes, de joies et d’émotions, te propulsant dans cet entre-deux entre nostalgie et réjouissance sans compromis.

Steven Universe, créée par Rebecca Sugar, diffusée depuis 2013. © Cartoon Network

 

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Image de une : Riding the apple tree. © Jocelyn Lee