Les coups de cœur de Think tank by 2P

  • Mineurs non accompagnés : les départements se disent dépassés : la situation des mineur-e-s isolé-e-s en France est critique. C’est aux départements de les accueillir et de les prendre en charge. Mais les moyens financiers manquent et les départements demandent plus d’aide du gouvernement pour pouvoir remplir leurs missions. De leur côté, les associations dénoncent également le manque de moyens. En attendant, au cœur de ce système dysfonctionnel, ce sont malheureusement les mineur-e-s étrangers-ères qui sont les plus affecté-e-s. [Libération]
  • Reni Eddo-Lodge : « Etre universel dans ce monde, c’est forcément être blanc » : le racisme structurel et le privilège blanc sont malheureusement des notions peu connues ou mal comprises en dehors des milieux militants. Heureusement, en 2017, l’essayiste britannique Reni Eddo-Lodge a publié un livre explorant ces sujets : Why I’m No Longer Talking to White People About Race. Un ouvrage qui dérange, où l’autrice fait des constats obligeant ses lectrices et lecteurs à réfléchir. Elle y propose des analyses qui bousculent l’ordre établi, et c’est nécessaire. Avec un peu de chance, cet article te donnera envie de lire son livre indispensable. Le racisme est un problème de Blancs est disponible en français aux éditions Autrement, depuis septembre 2018. [Le Monde]
  • Écolos et solidaires, les cafés-restos associatifs alimentent le lien social : les cafés et restaurants associatifs, qu’est-ce que c’est ? À quoi ça sert ? Avec leurs valeurs écologistes et solidaires, ces nouvelles structures créent du lien social entre les habitant-e-s d’un même quartier, avec les plus démuni-e-s, et nous poussent à nous interroger sur notre consommation alimentaire. À terme, ces projets peuvent réellement faire évoluer les mentalités et réduire le gaspillage. De quoi faire changer le monde de demain ? (Un peu.) [Reporterre]
  • Trump administration trying to define transgender out of existence – report : déjà, en 2017, le gouvernement Trump bannissait le terme « transgenre » – parmi sept autres – de rapports budgétaires d’instances officielles de la santé. Désormais, selon les infos du New York Times, ce même gouvernement tente de créer une définition légale du genre comme étant limité et binaire, et souhaite que le genre assigné à la naissance demeure inchangeable. De fait, le but de cette démarche abjecte est clair : d’abord supprimer l’existence administrative des personnes transgenres, pour finalement les dépouiller de leur identité au cœur de la société. Cette politique violente et brutale du déni d’existence ne fait que s’ajouter à la (longue) liste de déclarations et d’actions du gouvernement Trump allant à l’encontre des droits civiques, dont nous devrions tou-te-s bénéficier. [The Guardian] [ENG]
  • Opinion | Everything Is for Sale Now. Even Us. : dans cette tribune, l’autrice Ruth Whippman analyse comment le système capitaliste a fini par faire des personnes les produits de leur propre existence. Au cœur d’une « gig economy » en augmentation – ou l’économie des petits boulots –, reposant sur le travail en freelance et l’autopromotion, le coût que l’on paye est avant tout psychologique. « Les lois de l’offre et de la demande se sont facilement transformées en lois de la culpabilité et de l’obligation, et ensuite en lois carrément malveillantes, reflétant la trajectoire du capitalisme lui-même. […] Comme beaucoup de travailleurs-ses modernes, je constate que seulement un petit pourcentage de ce que je fais dans mon travail consiste à vraiment “faire mon travail”. Pour le reste, il s’agit exécuter un million de petites tâches non rémunérées qui, additionnées, peuvent facilement représenter un travail à plein temps. […] Dans ce marché humain impitoyable, nous valons seulement autant que la somme de nos performances statistiques, dont le contrôle peut devenir obsessionnel. […] Avec une classe moyenne qui s’effondre, ainsi qu’une sécurité de l’emploi quasi inexistante et aucun des avantages qui y sont liés, pour beaucoup, la promotion personnelle est devenue une nécessité afin de pouvoir se nourrir. […] En analysant les données du Multidimensional Perfectionism Scale relevées entre 1989 et 2016, les auteurs [d’une étude sur le perfectionnisme] constatent une étonnante augmentation sur cette période pour trois types de perfectionnisme : “Auto-orienté” (self-orientated), selon lequel l’on se soumet à des standards de plus en plus irréalistes, et nous nous jugeons sévèrement lorsque nous n’arrivons pas à les atteindre ; “Imposé socialement” (socially prescribed), selon lesquels nous sommes convaincu-e-s que les gens nous jugent sévèrement ; et “tourné vers les autres” (other-orientated), selon lequel nous obtenons notre vengeance en les jugeant tout aussi sévèrement. Ces éléments de perfectionnisme sont indéniablement corrélés avec des problèmes de santé mentale, dont l’anxiété, la dépression et même le suicide, qui est aussi en augmentation. » [The New York Times] [ENG]

 

Sur l’écran de la rédac de Deuxième Page

  • La vidéo de la semaine : lors de la grande marche Nous Toutes du samedi 24 novembre contre les violences faites aux femmes, la journaliste Maëlle Le Corre est allée à la rencontre des participant-e-s du cortège politique, intersectionnel et engagé Nous Aussi (dont Deuxième Page faisait partie). Dans ce court reportage, elle met en lumière les revendications de ce rassemblement, lequel désire visibiliser des enjeux féministes trop souvent mis de côté ou carrément oubliés des discussions. Et pourtant, leur importance est centrale.

  • Passion Podcast, l’émission à écouter cette semaine :  la mort n’est pas franchement un sujet dont on aime discuter pour ambiancer une soirée entre ami-e-s. Ce genre d’échanges, quand on arrive à les avoir, nous les limitons souvent au privé. Pourquoi ce tabou persiste-t-il ? Est-ce culturel ? D’où vient donc notre malaise ? Toutes ces questions, Jack Parker se les pose souvent. Dans son nouveau podcast, Mortel, elle part de sa situation individuelle pour aborder une thématique, une réalité qui nous concerne toutes et tous. Dans ce premier épisode, elle se confie, avec une franchise et une honnêteté déstabilisantes. Elle évoque le décès de son père, son rapport personnel à la mort, à la perte, au deuil. Mortel est un podcast singulier, un ovni du paysage sonore. Et c’est évidemment à écouter sans attendre. Conseils pratiques : avant de lancer cette émission, prends le soin d’être dans de bonnes dispositions psychologiques. Fais-toi un petit thé, mets-toi sous la couette et laisse-toi porter.

  • Bonus : le samedi 24 novembre 2018, Deuxième Page a marché au sein du cortège Nous Aussi, aux côtés de Nous Toutes. Et au lendemain de la Journée de lutte contre les violences faites aux femmes, il est crucial de rappeler l’importance de nos combats : intersectionnels, engagés, essentiels.

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Image de une : Marche féministe du 24 novembre 2018 contre les violences faites aux femmes. © Deuxième Page