En cette journée internationale de lutte pour les droits des femmes, nous avons souhaité aller à la rencontre de toutes ces femmes à qui l’on a trop souvent fait croire que leur voix ne méritait pas d’être entendue. Quatorze portraits seront publiés tout au long du mois de mars pour raconter les histoires de celles qui agissent pour métamorphoser le monde de demain : qu’elles soient artistes, créatrices, étudiantes, travailleuses, elles sont inventives, déterminées, sensibles, fortes, volontaires. Elles sont tout cela à la fois. Mais surtout, ces femmes sont maîtresses de leur vie, de leur voix, de leur histoire. 

 

Au quotidien, nous sommes réglé-e-s sur deux horloges : l’une qui bat les minutes de notre temps individuel, et l’autre celles du temps collectif et partagé. Nombreuses sont les personnes qui vivent tous les jours dans une sorte de tension entre ces deux temporalités. Et la plupart savent que ce rapport de force est inégal.

Si nous usons de la métaphore ici, c’est parce qu’il nous semble parfois dérisoire de répéter invariablement les mêmes choses, de nous arrêter sur les mêmes constats, implacables. La première horloge nous a peu à peu rapproché-e-s de cette date du 8 mars 2018, journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Pourtant, sur notre horloge collective, les inquiétudes face à l’avenir n’ont jamais parues aussi grandes.

Notre gouvernement – et notre président féministe en chef – s’applique à déconstruire nos acquis sociaux à un rythme effréné. Toute la machine tend à dissoudre les liens de solidarité, à renforcer les précarités économiques et sociales, et à nous pousser dans nos retranchements jusqu’aux points de non-retour, notamment du point de vue écologique. Face à ces phénomènes, qui sont loin de se limiter à la France, les femmes sont en première ligne, aussi bien pour subir ces inégalités que pour les combattre.

Ces derniers mois ont été ceux du mouvement Me Too, de la mise en lumière de la parole des femmes, plutôt que sa libération. Plus personne ne peut ignorer la gangrène patriarcale qui nécrose tous les aspects de nos vies, partout, tout le temps. Les femmes ont la mémoire longue, les femmes se battent pour se faire entendre, les femmes cessent de minimiser des situations insoutenables. Dans le chaos qui a suivi la levée des voix pour dénoncer l’insupportable réalité des violences faites aux femmes, toutes les réponses n’ont pas encore été apportées (et certaines n’ont pas été appropriées). Mais le temps presse, car nos vies sont importantes. Car nous sommes tou-te-s lié-e-s les un-e-s aux autres. Car les systèmes politique, économique et financier du capitalisme ne prendront pas le temps de nous considérer si nous ne réagissons pas.

Dans ce contexte, pour ne pas céder au désespoir et ne pas baisser les bras, nous avons souhaité donner la parole à des femmes qui se lèvent tous les matins pour que les inégalités reculent, construire de meilleurs lendemains, et que l’espoir triomphe. Quatorze femmes pour être précises. Grâce à ces portraits, nous pouvons chacun-e recueillir des forces supplémentaires, et y puiser l’inspiration ainsi que le courage pour poursuivre nos combats.

Pour arrêter de nous excuser d’exister, pour oser dire non, pour toujours (malgré tout) continuer d’espérer, et pour nous imposer dans un monde qui voudrait nous faire taire.

La rédaction

 

Caroline Hofman

© Annabelle Gasquez

Récit de notre rencontre avec Caroline Hofman, une artiste installée dans le nord de la France qui s’active pour donner aux gens l’envie de se reconnecter avec eux-mêmes. En prônant la bienveillance, l’amour et la créativité, la jeune femme met dans son art une grande part de qui elle est, sans concessions.

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Alma

© Marie-Ange Rousseau

De Montréal à Paris, il n’y a qu’un pas (ou un appel vidéo sur Skype). Alma est une militante afroféministe qui aime parler de culture − et de cinéma surtout −, en sublimant le tout par sa vision complexe du monde. Du Seigneur des anneaux à l’importance de la critique culturelle, Annabelle et Alma semblent avoir épuisé les sujets à leur portée, en tout cas pour cette fois-ci. Tu vas pouvoir explorer avec gourmandise le portrait d’une femme aussi sincère que déterminée.

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Morjane

© Annabelle Gasquez

À la terrasse d’un café parisien, Annabelle a eu le plaisir de discuter avec Morjane, une jeune étudiante en lettres engagée et passionnée, qui ne se lasse pas de partager sa vision de la lutte des classes et d’expliquer l’importance qu’elle porte à la bienveillance. Lassée de devoir se justifier d’être elle-même, Morjane, du haut de ses 22 ans, a décidé de ne plus se laisser dicter sa conduite. Récit d’un échange enthousiaste qui, pour quelques heures, semblait avoir arrêté le temps.

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Keira Maameri

© Alraun

Keira Maameri est réalisatrice. Son dernier documentaire, Nos plumes, met en avant la littérature qui se crée à la marge, trop souvent qualifiée d’« urbaine » faute de mieux. Avec son travail, la jeune femme veut briser les préjugés. Portrait d’une cinéaste engagée, à l’image de ses films.

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Mélanie Lhoumeau Caporiccio

© Annabelle Gasquez

Mélanie débarque du Pays basque à Paris pour se rendre à des expositions. Elle en a profité pour rencontrer Annabelle et se raconter un peu : son combat contre la maladie, la sclérose en plaques, et sa passion pour le théâtre et la danse. Découvre le portrait d’une femme dont la résilience est le deuxième prénom.

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Selene

© Le Hégarat

Selene est une joueuse, militante, escrimeuse, chroniqueuse, traductrice et écrivaine. De quoi occuper ses journées avec passion. Au cours d’une longue discussion avec Annabelle, elle lui a confié ses espoirs pour l’avenir, ses craintes aussi, et expliqué son cheminement personnel vers l’acceptation d’elle-même. Une rencontre virtuelle avec de belles retombées dans la réalité de notre rédac chef, et certainement un peu dans la tienne après la lecture de son portrait.

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Celia Wa

© Studio Othieno

Celia Wa est danseuse, musicienne, chanteuse et flûtiste militante. Le temps d’un café (ou deux), elle a raconté son parcours à Annabelle, entre la Guadeloupe et l’Hexagone. Aujourd’hui totalement dévouée à son métier d’instrumentiste, Celia nous rappelle qu’en tant que femme racisée, rien est acquis pour elle. Au fil du temps, son engagement et sa musique ont fini par se faire écho quand elle a finalement trouvé sa voie.

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